Art-Thérapie (nouveau blog)

Ce nouveau blog, dans la suite du précédent, rend compte des réflexions et des découvertes souvent jubilatoires rencontrées au cours de ma pratique d’art thérapeute par des écrits au jour le jour et des textes plus théoriques.

L’art thérapie comme le travail créateur n’a de sens que si on se maintient dans une recherche toujours vigilante et vivante.

Vous trouverez des informations sur l’Auteur du Blog, Mon parcours, les buts de ce blog dans Pourquoi et les renseignements sur Les ateliers pour adultes et les stages

A lire:
L’art-thérapie de Jean-Pierre Klein Edition PUF 2001 dans la collection Que sais-je
Revue Art & Thérapie
A visiter:
- site de l’INECAT
- site de la fédération des arts thérapeutes
- site lié au Blog
- voir aussi la suite historique de ce blog (nombreux articles)

Le corps bleu

Ce qui frappe chez cette petite fille un peu étrange, plus que sa manière raide et étroite de se mouvoir, c’est sa voix monocorde, terne, sans modulation avec un visage figé sans expression. Elle commence les 1éres séances à dessiner de manière sage avec pourtant une certaine inventivité dans les choix de couleurs ou la composition. Progressivement au cours des séances, elle raconte ce qui lui arrive: très souvent des histoires d’incendie, d’accident qui déclenchent de la peur dit-elle; mais sa manière de raconter est neutre et sans affect…

Les poissons bleus

« Pourquoi les gens me regardent méchamment ? » nous dit-elle
un jour. (more…)

Les ateliers

POUR QUI ?

  • Adulte sans pratique artistique désirant expérimenter ses possibilités créatrices.
  • Personne en thérapie, “en recherche” ou/et confrontée à la maladie voulant développer ses propres forces d’expression avec le désir de renouveler le rapport à elle-même.
  • Adulte cherchant à redonner du sens à son expérience de création.
  • Etudiant en Art Thérapie ou professionnel de la Santé souhaitant
    approfondir les liens entre processus psychiques et processus de création.
  • OU?

    En proche banlieue parisienne, à Malakoff, accessible en métro ligne 13
    Ou/et dans les locaux de l’INECAT 27 Rue Boyer 75020 Paris. Métro: Gambetta.

    COMMENT ?

    Médiations abordées : peinture, dessin, collage, terre, création dans l’espace.

    Moyens : Exploration perceptive, relaxation, visualisation, mouvement sensoriel.

    COMBIEN ?

    SESSION D’EVOLUTION PERSONNELLE

    Deux séances par mois le lundi de 19h à 22h.
    Session de 12 séances avec un groupe de 7 Personnes maximum.

    Cet atelier est organisé autour de consignes incitatrices.
    Engagement pour toute la session : 450 Euros + 50 Euros matériel de base.
    Séance d’essai : 40 Euros

    Explorer sa sensibilité et son imaginaire par la pratique de la peinture, du dessin et du modelage.

    SESSION D’EVOLUTION ET DE CREATION PERSONNELLE

    • Session de 10 séances le lundi de 14h à 18h jusqu’en juillet. Engagement pour toute la session et au-delà de 6 séances dans la continuité sur l’année:
    50 Euros la séance + 5 Euros matériel de base.
    Une séance ponctuelle : 65 Euros.

    • Session de 10 séances le samedi de 10h à 17h30 jusqu’en Juillet.

    Engagement pour toute la session et au-delà de 6 séances dans la continuité sur l’année:
    75 Euros la séance + 8 Euros matériel de base.
    Une séance ponctuelle : 93 Euros.

    Il s’agit d’approfondir les processus de création originaux et uniques de chacun par des consignes et des rencontres d’œuvres inspiratrices et d’en reconnaître la pertinence et les résonances en lien avec son sentiment d’existence.
    Un travail en individuel peut être aussi envisagé pour les personnes qui le souhaitent.

    QUAND?

    Dates des séances pour le 1er et le 2éme trimestre 2010: (s’assurer que les dates sont confirmées)

  • Session du Lundi soir:
  • 11 et 25 Janvier; 8 Février; 1er, 22 et 29 Mars; 12 Avril; 3, 10 et 31 Mai; 21 et 28 Juin.

  • Session du Lundi après midi
  • 18 Janvier ; 15 Février; 29 Mars; 12 Avril; 17 Mai; 14 Juin; 5 Juillet.

  • Session du Samedi
  • 23 Janvier ; 6 Février ; 27 Mars; 17 Avril; 15 Mai; 12 Juin; 3 Juillet .

    STAGES DE 4 JOURS EN FEVRIER ET EN JUILLET

    voir Icône “stage”

    L’accompagnement , que je propose a le souci d’interroger les liens qui unissent les éprouvés corporels les plus fins à l’acte créateur, expérience avant tout poétique.

    Apprendre à habiter plus profondément sa propre matière corporelle pour travailler avec la matière (terre, mais aussi fusain, peinture…) avec l’intention constante de découvrir les résonances et les ponts entre les mondes sensibles, corporelles et plastiques.

    Les questions fondamentales que posent la création : comment donner vie à la matière?
    Comment expérimenter le mystère qui unit conscience et matière?

    Le tissage patient des liens entre corps et intériorité, matérialité et mentalité, sensorialité et acte plastique, permet d’aborder intensément ces questions et d’éprouver comment les processus de création peuvent être source de changement.

    Pour toute information et inscription, vous pouvez nous contacter par mail

    Construction

    (accueil du blog)
    Cet enfant, pris en charge par sa grand-mère, a vu sa mère mourir devant lui il y a 5 ans. Son père est peu présent mais a donné à son fils le goût des maquettes.
    La 1ére maquette qu’il essaie de réaliser en atelier avec du carton est un échec pour lui et il la détruit. Je lui propose alors de la terre qu’il malaxe avec colère et des gestes rageurs. Peu à peu, sous ses mains apparaît une sorte de grotte avec plusieurs trous. Je l’encourage à rêver sur son modelage qu’il finit par transformer en maquette troglodyte qu’il peuplera ensuite de minuscules habitants.
    Très fier de cette réalisation inattendue, il la nommera
    “Rien qu’avec la colère…”.

    Grotte

    Maquette de ruine
    Maquette de ruine avec personnages
    Il construira ensuite une grande quantité de maquettes de maison en ruine.
    Entre la perte de sa mère et la présence floue du père, j’accompagnerai cet enfant à développer peu à peu sa faculté étonnante de s’appuyer sur ce qui est absent pour se construire…

    Le processus

    Processus d’usinage comme processus de création vu par un jeune garçon de 13 ans: de l’objet de départ et de ses transformations successives ( refroidissement, fragmentation, dissolution etc.) jusqu’à l’objet mystérieux sur la table de finition…

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    L’implication et la reliance :

    À l’école, certains enfants ne se sentent pas concernés, sont indifférents et vivent le savoir comme extérieur à eux. A l’atelier, je reçois souvent ces enfants qui semblent ne s’intéresser à rien et pour qui l’apprentissage pose problème, parfois de manière invalidante.
    Je me retrouve devant une sorte de défi : est-ce que ces enfants vont pouvoir découvrir des déclencheurs qui vont les réveiller, leur révéler une appétence?

    En art-thérapie, ces enfants enclavées, en rencontrant de manière singulière le rapport à la loi et à la liberté, au silence et à la parole, au visible et au caché, à la solitude et au lien, peuvent découvrir l’expérience fondamentalement intuitive de l’acte créateur et son pouvoir de créer du lien entre eux et le monde.
    Quelquefois, le chemin sera long…

    Le langage

    L’étayage structurant du langage apparaît aussi comme un corsetage de la spontanéité enfantine.
    L’une des dimensions de cette spontanéité s’exprime dans la contamination du réel par le rêve, contamination que les adultes ressentent en général comme un possible débordement chaotique alors que les artistes le vivent comme la voie d’accès royale à l’expression artistique.

    Grandir, c’est construire la rationalité, la causalité aux dépens de la conjonction, la consonance.
    Pour les adultes qui ont coupé les racines du poétique, les choses se tiennent « devant eux » ; il n’y a plus osmose silencieuse, connivence. Ils sont uniquement dans une frontalité où domine la représentation et ils ne “participent” plus au monde dans une mise en présence mutuelle.
    Accéder au langage permettrait d’accéder à la lecture du monde mais en perdant le chant du monde…

    Se taire et parler

    Je suis souvent confrontée au silence soit à certains moments de la séance soit pendant toute la séance. Toute mon attention est alors tournée vers la perception de ce que le silence porte. Il ne s’agit pas bien sûr d’occuper artificiellement le silence par une parole censée porter la relation, dans une relation langagière obligée mais d’utiliser paradoxalement le silence comme langage souterrain, en étant attentive aux différentes qualités des silences : il y a des silences vides et stériles mais aussi des silences riches et conducteurs dans lesquels on peut s’installer et grâce auxquels un véritable échange peut exister.
    Tout mon effort est justement de laisser le silence prendre sa place en acceptant le retrait nécessaire, en nourrissant ce silence de ma présence, en m’ajustant à une sensibilité qui devient atmosphérique et spatiale.
    Le silence est comme une assise qui peut permettre alors l’élan de la parole.

    De la forme…

    Il y a autant le chemin vers la forme que le chemin à partir de la forme.
    L’émergence de la forme et l’apparition de ce qu’elle touche : le chemin l’un vers l’autre ; il y a non seulement la découverte de la mise en forme d’un éprouvé qui aurait été là avant et aurait trouvé son lieu de représentation mais il peut y avoir aussi une mise en forme qui fait exister un espace psychique qui n’était pas disponible avant.
    J’ai qualifié ces moments de coalescents, nom qui vient de coalescere qui veut dire « croître avec » le petit robert la définit en biologie comme la soudure de 2 surfaces tissulaires en contact, rapprocher et ajuster les bords d’une plaie.
    J’aime ce qualificatif même s’il est un peu précieux: révéler dans un même temps la blessure, les 2 rives de la plaie et la promesse d’une réparation.

    Des bienfaits des erreurs et autres maladresses…

    Je laisse l’enfant trouver ses solutions sans apporter de réponse toute faite. Je m’accepte, face à lui, ignorante, pour qu’il puisse vivre ses détours et ses maladresses : juste source de l’apprentissage ; en l’accompagnant sur son chemin avec la lenteur inhérente à l’apprentissage du nouveau, l’enfant peut s’ouvrir de manière créative à l’instant.
    Quand je leur propose de peindre, je parle à dessein d’ “inventer” les couleurs plutôt qu’”apprendre” à mélanger les couleurs ; c’est une façon de les inciter à développer le goût de l’exploration.
    Je dis souvent qu’on a le droit de se tromper, qu’au contraire en allant d’essais infructueux en essais infructueux, on apprend.
    Si un enfant fait une construction en déséquilibre avec de la terre et des morceaux de bois; au lieu d’intervenir pour lui apporter une solution pour faire une construction stable, je le laisse au contraire jouer et vivre ce déséquilibre, en le soutenant avec une attention capable de lui faire ressentir que ses tentatives sont prises très au sérieux pour découvrir les manières dont la matière peut accepter ou pas de faire alliance avec lui.

    La forme et la matière en art thérapie contiennent potentiellement une puissance révélatrice des enjeux psychiques.
    Pour une petite fille, tenter des constructions impossibles dans leur déséquilibre, c’est, en fait, mettre en acte sa situation intérieure; en descendant dans la forme, elle peut trouver le juste écho de ce qui se joue pour elle, dans le théâtre de son corps.

    En permettant à l’enfant de vivre avec la matière un reflet de ce qu’il pressent de lui-même, je l’aide à inventer une juste adéquation entre « Ce que je fais/ce que je suis ».