Announcement: Art-Thérapie

  • Art Thérapeute et formatrice à l’INECAT, je propose dans mon atelier, situé près de Paris, des séances d’art thérapie en individuel ou en petit groupe, pour tout public.

Nouvel atelier fin 2020:

Atelier sensoriel pour médiateurs et arts thérapeutes – Session de 10 ateliers – 320 Euros (Guidage du groupe à partir de propositions corporelles -relaxation, méditation, introspection, Prolongement par l’écriture ou la terre, Partage des expériences) voir détails sur Supervision et suivi de pratique pour thérapeutes | Art-thérapie – la médiation de la création

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Ce nouveau blog, dans la suite du précédent, rend compte des réflexions et des découvertes rencontrées au cours de ma pratique d’art thérapeute par des écrits au jour le jour et des textes plus théoriques.

L’art thérapie comme le travail créateur n’a de sens que si on se maintient dans une recherche toujours vigilante et vivante.

Inecat Art-Thérapie
11 février, 17:49

Extrait vidéo de la journée de clôture du
Séminaire mensuel à la Halle Saint-Pierre 2017

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image du jour
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Vous trouverez des informations sur l’Auteur du Blog, Mon parcours, les buts de ce blog dans Pourquoi et les renseignements sur “les ateliers”, les “suivis de pratique” et “les stages”.

Articles écrits par l’auteur du blog :

Revue “Art et Thérapie”-Terre-n°66/67, Juin 1999  De l’ensevelissement du modèle… Interview de Gérard Bignolais

Revue “Art et Thérapie”n°72/73, Déc.2000 La jeune fille mutique et le corps enclos

Revue “Art et Thérapie”n°82/83-Sept.2003, La présence à l’œuvre, l’œuvre en présence

Revue “Art et Thérapie”n°90/91-Mai 2005, Art thérapie plastique et psychothérapie avec Virginie Granboulan

Revue “Art et Thérapie”n°92/93-Déc. 2005, Il y a un bug entre ma mère et moi avec Virginie Granboulan

Revue “Art et Thérapie”n°98/99-Fév. 2008, Corps de sensations – la verticalité

Revue L’erre”-n°25-Mars 2008,  L’art comme thérapie ? Un art de l’accompagnement

Revue “Art et Thérapie” n°106/107-Mars 2011, De l’informe à la non-forme

Revue “Art et thérapie”n°110/111-Mai 2012, La rencontre avec l’œuvre- la rencontre à l’œuvre

10 Revue de la FFAT 2014, La matière

11 Revue “Synodies”, Septembre 2016, Matières et sentiment d’existence

12 Revue de la FFAT 2017, Le langage en art thérapie avec Edith Viarmé

13 Revue « Traversées » – Journées d’automne, Novembre 2018,  Du geste au « faire monde » – Colloque de la SFPT-AT à Paris

14Revue “Traversées” – Journées d’automne, Décembre 2019,  De l’irreprésentable – Colloque de la SFPT-AT à Paris

15Revue “Hexen” – Eté 2020, La pudeur

16Revue “Art et Thérapie” La représentation à l’épreuve de l’irreprésentable– à paraître en 2020, 2021

17Revue “Art et Thérapie” A la rencontre d’un tableau à paraître en 2020, 2021

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L’art-thérapie de Jean-Pierre Klein Edition PUF 2001 dans la collection Que sais-je
Revue Art & Thérapie
A visiter:
voir site personnel artistique
site de l’INECAT
site de la fédération des arts thérapeutes

Mouvements et cheminement dans la découverte du site paysager de La Closerie Falbala de Dubuffet

La Closerie Falbala se présente comme une construction architecturée de jardin clos mais, aux dires du peintre, serait plutôt une image à habiter. 

C’est un dispositif qui semble pourtant appartenir au monde des choses et de leur fonctionnalité. Le lieu est puissamment évocateur avec son sol mouvementé où le corps ne demande qu’à se déployer. L’espace paysager et champêtre dynamise le corps : courir, marcher, sauter, enjamber, déambuler… jusqu’à l’envie de célébrer l’espace en le dansant. 

Mais, de temps en temps et de manière brutale, la blancheur immaculée de la construction aveugle et la rend intouchable ; les sinuosités noires inscrites sur la couleur neigeuse des blocs de béton aplatissent l’espace en étrange page d’écriture. 

L’éblouissement provoqué donne la sensation de survoler le sol alors que le moment d’avant, on se sentait en contact avec toutes les sinuosités du parcours. Le rapport du corps à l’espace n’a plus d’importance. On bascule dans une bi-dimensionnalité qui n’est plus gouvernée par les lois de la physique : la sensation d’être entouré de productions mentales, pures représentations spatiales qui ne peuvent se percevoir que par le mouvement de l’esprit. 

Le lecteur, à distance de ce qu’il lit dans une frontalité désincarnée, se métamorphose à nouveau en promeneur-enfant émerveillé rêvant de courir dans les espaces qui se déplient dans sa course pour, encore, être désorienté et éjecté de l’espace, redevenu image. 

Les 2 vécus se juxtaposent ou se mélangent constamment sans jamais coïncider. C’est comme se réveiller d’un rêve pour se rendormir sans avoir pu discerner la différence entre sommeil et éveil tout en sentant confusément que quelque chose a changé.

Entre féérie enchantée et abstraction graphique, réalité amplifiée et déréalisation, le trouble est constant et crée un inconfort inquiétant et mystérieux d’une intensité indéfinissable ; on est emporté, en même temps, par la force onirique du lieu tout en étant immobilisé par la profondeur factice de l’image. 

L’impression d’être face au miroir d’Alice et de constamment le traverser dans les 2 sens : nous franchissons le miroir devenu fenêtre et rejoindre l’espace pour, à nouveau, nous retrouver frontalement devant une construction mentale. 

On ne peut pas choisir entre espace concret et espace psychique. Le peintre, revendiquant pleinement cette ambiguïté, semble proposer une sorte d’exercice spirituel*qui serait de chercher une alliance entre ces 2 contraires qui, au niveau perceptif, s’annulent l’un l’autre. 

Si on accepte de se laisser capter et bousculer, la contradiction se dissout furtivement et, de manière insaisissable, les 2 dimensions naissent l’une de l’autre dans un fertile entrelacement. Nous sommes alors comme le poisson que décrit Dubuffet, qui secrète lui-même l’eau dans laquelle il nage, et dont il s’alimente, qui ferait de sa propre sécrétion son habitat et sa nourriture*. Il n’y a plus de distinction entre dehors et dedans, entre surface et volume, entre milieu et corps.

Au centre, la Villa ouvre sa lourde porte sur une antichambre qui mène au cabinet logologique, caverne philosophique qui, à l’origine, était uniquement destinée à son propre usage*. 

Le seul mouvement possible est de tourner sur soi silencieusement, s’offrant aux regards des monades colorées qui tapissent dans la semi-obscurité les murs clos, sans fenêtre. 

Il n’y a plus de doute, nous sommes au centre d’un dispositif qui « fait monde ».  On se sent au cœur d’une cérémonie à la teneur existentielle et initiatique qui s’accomplit grâce à nous qui en sommes l’officiant et le seul destinataire, en place du peintre désormais disparu.

Je me souviens de ce palindrome latin, écrit en miroir, « in girum imus nocte et consumimur igni [1]» qui résonne dans le hors-temps de cette étape ultime.

Et pourtant, dans cette nuit, l’espace du dehors crie sa lumière…


[1] Nous tournons dans la nuit et nous sommes consumés par le feu

*Écrits du peintre

A l’épreuve de l’irreprésentable

La représentation à l’épreuve de l’irreprésentable

Ce texte est issu d’une intervention au Séminaire mensuel à la Halle Saint-Pierre organisé par Jean-Pierre Klein en 2017 – Article à paraître prochainement dans la revue Art et Thérapie.

La représentation se trouve acculée à ses confins quand elle se confronte aux violences traumatiques sociétales ou intimes.

Est-il possible malgré tout de dépasser ce qui semble irreprésentable ?

Nous verrons comment des poètes et des artistes ont répondu à la puissance destructrice du processus mortifère par la vitalité salvatrice de la médiation.

La mise en œuvre peut alors être un « événement-avènement » en réinventant un langage qui puisse à nouveau s’adresser à notre humanité.

L’art thérapie dont la singularité est de mettre au cœur de l’accompagnement la médiation, confirme ainsi sa légitimité.

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Se questionner sur les limites de la représentation, sur ce qui est hors du pouvoir du « représenter » trouve sa tension la plus forte essentiellement dans la confrontation avec la violence du traumatisme.

Quelle est la nature de la puissance mortifère de ces traumatismes personnels et/ou sociétaux, quand on en est un témoin plus ou moins proche ou, d’autant plus, quand on en est victime ?

Les évènements traumatiques sont rejetés hors de la durée humaine, ce sont des évènements qui échappent à toute chronologie ; ils échappent à toute mémoire et en même temps sont immémoriaux et atemporels.

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Faire semblant

L’enfant fait semblant de tomber. Il jette des déchets par la fenêtre ou la cage d’escalier. Il se laisse lui-même tomber de sa hauteur. De la chute de son corps, il évolue vers un jeu sur la peinture qui va s’organiser peu à peu : dégoulinures, coulures, pluies de couleurs. En tant que peintre, cette utilisation de la matière picturale m’évoque le travail de Pollock et du dripping, de l’action Painting, des expressionnistes abstraits comme Mathieu.

La peinture est un miroir de ce sentiment intérieur de chute et qui lui échappe comme la peinture coulant sur le papier vertical ; elle en est l’exact reflet et cette adéquation le fascine : comme son corps mime un objet qui vomit, la peinture, pour lui, mime à sa place son propre ressentir. Cette découverte lui permet de jouer non plus comme sujet enfermé, subissant le fait de tomber mais comme sujet ouvert à la découverte et de jouer. Ce qui était angoisse ou crainte, se retourne en son contraire : le plaisir.

Art-thérapie : une rencontre de soi en création