Tous les articles par Jean-Olivier

ATELIERS POUR ADULTES

ATELIERS POUR ADULTES 2017/2018

SEANCES EN INDIVIDUEL

Pour toutes les informations sur les ateliers en individuel ou en groupe et leurs prix, vous pouvez m’envoyer un mail ruth.nahoum@gmail.com

SÉANCES DE GROUPE 

SESSIONS  D’EVOLUTION ET DE CREATION PERSONNELLE

Session de 8 séances  :

Le samedi de 10h30 à 18h.
Engagement pour la session:  750E
Séance d’essai possible: 11OE

SESSION D’AIDE A UNE DÉMARCHE AUTONOME DE CRÉATION
Session de 8 séances

Le samedi de 13h à 18h.
Engagement pour la session : 570E

Séance d’essai possible: 11OE

Le matériel est amené par le stagiaire 

Il s’agit d’approfondir les processus de création originaux et uniques de chacun dans l’esprit de l’art thérapie

SESSION PROCESSUS DE CREATION ET ART THERAPIE:      Session de 8 séances

Le samedi de 13h à 18h.

Questionner et vivifier le sens de l’accompagnement en médiation et en art thérapie à la lumière de nos propres processus de création

Engagement pour la session : 570E

Séance d’essai possible: 11OE

Le matériel est amené par le stagiaire 

JOURNEE: Jeûne, méditation et art-thérapie
Une journée peut s’organiser à partir de 5 inscriptions. La date de la journée est décidée avec les participants.
Prix de la journée de 10h30 à 18h: 100E
Cet atelier particulier est ouvert à tous; les personnes intéressées que je ne connais pas peuvent s’y inscrire après un entretien téléphonique.

Le travail en individuel peut être aussi proposé parallèlement à un atelier en groupe ou indépendamment.

Pour les prises en charge en formation, merci de me consulter pour les devis.

Pour  information et inscription:  ruth.nahoum@gmail.com

De l’informe à la non-forme

Extrait d’un article paru dans la revue « Art et thérapie » n°106/107
…Je choisis d’explorer ce passage où nous plonge avec inquiétude cette errance avant l’apparition de la forme, ce passage de l’informe à ce qu’on pourrait appeler la non-forme, la non-forme n’étant ni vraiment rien ni vraiment encore quelque chose…

La non-forme

Entre le rien et le quelque chose, que se joue-t-il ? Entre le fait d’être là ou de ne pas y être ? Entre exister et ne pas exister ?
Au lieu de s’agripper à tout indice de forme pour combler l’avidité à trouver du sens, au lieu de chercher à échapper le plus rapidement possible à cette séquence inconfortable et angoissante où rien ne se décide encore : s’y maintenir.
On renonce à cette tension vers la forme en apprivoisant notre peur de nous perdre avant cette frontière apaisante où les formes se posent, pour prendre le risque d’être traversé par ce qu’on reconnaîtra comme les premières lois d’émergence du vivant et de la création qui innervent toute matière.
Le pari est d’habiter ce lieu inhabitable, ce ‘non-lieu’, espace sans trace sans aucune empreinte qui y mène ou qui en sort, flottant hors de tout ; ce n’est ni ici, ni là -bas ; et pourtant, cela existe.


(…lire la suite de l’article
en téléchargeant le fichier pdf)

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Filippo Lippi

Filippo Lippi La vierge à l’enfant emmailloté vers 1450
89 x 64 cm détrempe sur bois
Thème de la maternité centrale pour lui ; C’est une des iconographies les plus célèbres et elle connaît de multiples représentations.
La place du religieux à son époque tout nous en sépare mais ce n’est pas une vierge en gloire, ce n’est pas une Vierge de Majesté car elle n’a pas d’auréole, c’est une vierge d’humanité.
La vierge �  l’enfant emmailloté
Vous êtes devant une image, fixée dans sa matière et son iconographie : la vierge à l’enfant ; thème, donc, classique s’il en est.
La vierge dans l’annonciation, dit à l’ange Gabriel « qu’il m’advienne selon ton verbe ».
Dans les vierges à l’enfant, le verbe est advenu, l’enfant est né. Nous sommes devant ce mystère absolu de la foi chrétienne qui rejoint le mystère de notre condition humaine même sans la croyance en un dieu. Ce mystère, c’est celui de l’incarnation.

St Bernardin dit dans son sermon : l’incarnation c’est le moment où le créateur vient dans la créature, mais aussi l’infigurable dans la figure, l’invisible dans le visible, l’impalpable dans le tangible, le contenant dans le contenu etc.
Est-ce que ce mystère de l’incarnation n’est pas aussi au cœur de l’art ?

Je suis à la recherche d’une petite ouverture du temps où le tableau du 15éme et moi, en 2009, cherchons à sortir de cette impossible congélation de nos places : moi, sujet et le tableau objet de mon attention respectueuse et un peu affolée, contrariée devant, ne sachant quoi en faire de ce moment. Résistant même à trouver une satisfaction trop rapide dans la finesse de la peinture, dans la beauté un peu hiératique de la Vierge ou dans l’emmaillotage curieux de l’enfant avec son petit volant rouge charmant au niveau des pieds qui laisse les petits orteils à l’air.
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A propos de Vermeer


La lettre d’amour

soit on regarde le tableau en se disant que la composition favorise agréablement la mise en relief de la scène éclairée grâce aux 2 pans d’ombre qui l’encadrent. Voilà une posture assez classique de spectateur : je regarde et ne bouge pas de place. Le temps de la scène est immobile et je peux, bien sûr, apprécier le tableau.
Ce procédé de 1er plan dans l’ombre est assez commun à l’époque et courant dans les tableaux de Vermeer mais ne justifie pas suffisamment, il me semble, pourquoi Vermeer qui est un très grand peintre aurait laissé les 2/3 du tableau à peine peint ! Je ne peux me contenter d’une si maigre explication ! D’ailleurs, dans l’affiche qui annonçait l’exposition de l’âge d’Or Hollandais, on montrait le tableau en recadrant sur la scène éclairée, ces 2/3 de tableau semble bien encombrant !

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A propos de Durer

L’œuvre, à défaut d’être une porte, est une fenêtre sur laquelle le spectateur se penche, pour voir sur quoi elle donne…
Sachant que cette fenêtre qui « donne » au dehors peut renvoyer secrètement le spectateur à lui-même : la fenêtre peut être alors, au rythme d’un battement de paupières, aussi un miroir.

Saint Jérôme

Dans ce double rôle du tableau comme fenêtre/miroir, Durer piège le spectateur : dans le St Jérôme ( 60x 48 cm – Lisbonne – 1521), si vous voyez le tableau comme un miroir, la tempe droite de St Jérôme renvoie à votre tempe gauche de spectateur qui peut, dans ce 1er temps, se refléter dans Saint Jérôme et nous fait méditer sur la brièveté de la vie à travers cet exemple représenté du saint, lointaine méditation douce assourdie par la distance de la représentation mais, Durer semble dire : je ne te laisserais pas dans l’illusion que tu pourrais tranquillement être face à Saint Jérôme et être juste dans cette inversion du miroir de la droite devenant la gauche car cette méditation sur la brièveté de la vie te concerne de manière beaucoup plus féroce et directe ; saint Jérôme semble ignorer le face à face trompeur. Il semble dire au spectateur avec ses yeux tournés vers la droite de baisser les yeux vers le crâne car, s’ il s’appuie sur sa tempe droite et désigne la tempe gauche du crâne, c’est parce que le tableau est une fenêtre, et il n’y a pas d’ambiguïté, il désigne bien la tempe réelle de celui qui regarde et qui, d’une certaine façon, est présent dans l’espace du tableau: ce n’est pas moi qui suis un saint représenté que tu dois regarder. Ne vous méprenez pas, si vous aviez l’envie de ne voir qu’une représentation de St Jérôme méditant sur sa propre mort, l’inversion à l’intérieur du tableau, ne s’éclaire que si je désigne cette tempe du crâne près de moi, c’est bien de vôtre tempe dont il s’agit plus que la mienne. Il désigne au spectateur sa mort future.
Si je ne désigne pas le même coté de la tempe sur le crâne que sur celle sur laquelle je m’appuie, c’est parce que c’est le crâne qu’il faut voir et qui sera le tien car c’est de ta tempe dont il s’agit, c’est bien de ton futur crâne-squelette qu’il s’agit, toi qui es là face à moi ; c’est toi vivant devant moi qui va mourir !

Nous voyons bien la différence entre représentation qui renvoie le tableau à lui-même, à ses propriétés formelles et nous, à notre place distancée de spectateur et la présentification, néologisme inventé par Pierre Janet (1859 – 1947) , philosophe, psychologue et médecin et repris par des historiens d’art comme Louis Marin qui amène le spectateur à faire partie du tableau, qui l’oblige à s’impliquer en lui interdisant le moyen de se défausser.
Extrait d’une conférence donnée à la Halle St Pierre en mars 2010