Archives pour l'étiquette art et thérapie

Announcement: Art-Thérapie

BLOGcheval

Art Thérapeute et formatrice à l’INECAT, je propose dans mon atelier des séances individuelles et en petit groupe d’art thérapie pour tout public.

Ce nouveau blog, dans la suite du précédent, rend compte des réflexions et des découvertes souvent jubilatoires rencontrées au cours de ma pratique d’art thérapeute par des écrits au jour le jour et des textes plus théoriques.

L’art thérapie comme le travail créateur n’a de sens que si on se maintient dans une recherche toujours vigilante et vivante.
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image du jour
petit mère

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Vous trouverez des informations sur l’Auteur du Blog, Mon parcours, les buts de ce blog dans Pourquoi et les renseignements sur « les ateliers pour adultes » et « les stages ».
A lire
Articles écrits par l’auteur du blog :
1Revue « Art et Thérapie »-Terre-n°66/67-Juin 1999  « De l’ensevelissement du modèle… Interview de Gérard Bignolais »
2Revue « Art et Thérapie »n°72/73-Déc.2000-Notre corps contemporain- « La jeune fille mutique et le corps enclos »
3Revue « Art et Thérapie »n°82/83-Sept.2003-La présence- « La présence à l’œuvre, l’œuvre en présence »
4Revue « Art et Thérapie »n°90/91-Mai 2005-L’adolescence, création éphémère- « Art thérapie plastique et psychothérapie » avec Virginie Granboulan
5-Revue « Art et Thérapie »n°92/93-Déc. 2005 de l’art thérapie- « Il y a un bug entre ma mère et moi » avec Virginie Granboulan
6Revue « Art et Thérapie »n°98/99-Fév. 2008-L’exercice en art thérapie- « Corps de sensations – la verticalité »
7Revue L’erre »-n°25-Mars 2008:  « L’art comme thérapie ? Un art de l’accompagnement »
8Revue « Art et Thérapie » n°106/107-Mars 2011 – corps avec la matière- « De l’informe à la non-forme »
9Revue « Art et thérapie »n°110/111-Mai 2012 Redevenir artiste de sa vie-« La rencontre avec l’œuvre- la rencontre à l’œuvre »
10Revue de la FFAT « La matière »- 2014
11-Revue Synodies « Matières et sentiment d’existence » – Septembre 2016
12Revue de la FFAT « Le langage en art thérapie » avec Edith Viarmé -2017
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L’art-thérapie de Jean-Pierre Klein Edition PUF 2001 dans la collection Que sais-je
Revue Art & Thérapie
A visiter:
voir la suite historique de ce blog (nombreux articles)
voir site personnel artistique
site de l’INECAT
site de la fédération des arts thérapeutes

 

Du langage-objet à la chair du langage

Texte de la conférence donnée à l’occasion du Colloque de la FFAT en Mars 2017

La place du langage et plus souvent, de la parole dans l’accompagnement est délicat et pose beaucoup de questions.

Le langage verbal serait incapable de s’approcher du vécu, d’en rendre compte et pousserait à une posture objective qui fige. La mise en mots chosifierait l’expérience créatrice ou la dévaluerait comme étant juste éphémère et anodine.

De plus, la mise en mots dévoile notre vulnérabilité car elle nous confronte à cette incapacité de notre langage à être à la hauteur de l’expérience éprouvée. Du coup, il y a le risque de s’embourber dans l’explicatif, la justification ou la banalité.

La plupart du temps, que l’on soit en position d’art thérapeute ou de personne accompagnée, le langage se limiterait à du commentaire inutile ou nous acculerait à ce que nous avons voulu dire dans la forme, un « vouloir dire », qui ne peut, souvent, que nous fourvoyer, et stopper le mouvement qui nous porte en avant de nous vers ce mystère qu’est la forme.

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Dans les premiers temps de mise en création (surtout chez l’adulte), il y a souvent à endurer des moments de flottement et d’errance qui ont à se désencombrer de toutes ces questions que l’on peut se poser : « pourquoi je fais ça, ça sert à rien, de toute façon je ne saurais pas quoi en faire, ça n’a pas de sens etc. »

Quand j’ai commencé, je n’arrêtais pas de me dire « tais-toi ! tais-toi ! » ; je devais résister à la tentation de parler, car je pensais que ma parole éviterait à la personne cette phase fragile du flottement.

Grâce à ma stabilité et mon appui, une qualité d’attention silencieuse, je sais maintenant que cette 1ére phase si inconfortable pour elle et … pour moi, peut être essentielle pour laisser place ensuite à une autre phase où la personne va entrer dans l’écoute de ce que la mise en forme lui renvoie en termes de sensations, impressions, images, états d’âme…le mystère peut commencer à opérer… Continuer la lecture de Du langage-objet à la chair du langage

La sensorialité, soubassement du sensible.

Université Paris Descartes– Conférence donnée à l’occasion d’un séminaire sur « Ecrire le sensible à l’heure du numérique » en Novembre 2016

Le numérique intensifie la rupture avec le monde réel et plus particulièrement nous prive du monde des matières. Par ailleurs, on sait que l’une des conséquences du mal-être, c’est la rupture du rapport avec le corps et, par conséquence, la rupture du lien avec la matière.

Seul le corps a ce savoir des matières, il en est le dépositaire et l’opérateur.

J’aimerai insister sur l’un des axes essentiels de l’accompagnement en art thérapie qui est justement de favoriser la création ou la recréation du lien entre la personne et les matières du monde.

Cette rencontre avec le monde des matières est une des séquences fondatrices du processus créateur.

Cette première séquence du processus créateur, se situe donc bien avant la recherche d’une mise en forme, bien avant tout désir de représentation, figure ou dimension symbolique.

Le temps de l’expérience artistique est rythmé entre action et contemplation et il est bien sûr présent aussi dans cette expérience de la matière.

Quels sont les registres mobilisés par ce « corps » éveillé par les matières?

1ére phase : Il y a d’abord l’action du corps en rencontre avec la matière :

Cela nous renvoie à cette étape du tout petit enfant avant l’accès au langage (que Ferenczi nomme l’infans) qui, plongé dans la connaissance immédiate du monde, la découvre d’abord comme matière ; cette connaissance est ensuite oubliée ou sinon enfouie quand le monde s’organise par le langage.

Vous pouvez vous en souvenir en regardant le tout petit:  ces moments intenses, où l’on transvase gravement l’eau d’une casserole dans une autre, les graviers qu’on goûte et que l’on met en tas ou qu’on disperse ou de la patouille avec la terre d’un jardin, dans un temps ouvert qui semble inépuisable ? Continuer la lecture de La sensorialité, soubassement du sensible.