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Announcement: Art-Thérapie

Ce blog rend compte des réflexions et des découvertes rencontrées au cours de ma pratique d’art thérapeute par des écrits au jour le jour et des textes plus théoriques. L’ art thérapie comme le travail créateur n’a de sens que si on se maintient dans une recherche toujours vigilante et vivante. (N’hésitez pas à m’envoyer des commentaires – à voir au début de chaque article).

Art Thérapeute et formatrice à l’INECAT, je propose dans mon atelier, situé près de Paris, des séances d’art thérapie en individuel pour tout public. (Ateliers en distanciel pour les personnes qui n’habitent pas Paris ou la région parisienne et pendant les restrictions sanitaires.)

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IL RESTE ENCORE DES PLACES

2 Ateliers en petit groupe pour étudiant(e)s, Médiat(rice)eur et Art Thérapeute en 2021/2022: début des sessions Novembre.

ATELIER SENSORIEL Prendre soin de nous et de nos accompagnements – Session de 10 ateliers

ATELIER POST-FORMATION Questionner et approfondir le sens de l’accompagnement à la lumière de ses propres processus de création
Session de 8 ateliers 

voir détails sur Supervision et suivi de pratique pour thérapeutes | Art-thérapie – la médiation de la création

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Extrait vidéo de la journée de clôture du
Séminaire mensuel à la Halle Saint-Pierre 2017

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image du jour
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Vous trouverez des informations sur l’Auteur du Blog, Mon parcours, les buts de ce blog dans Pourquoi et les renseignements sur “les ateliers”, les “suivis de pratique” et “les stages”.

Articles écrits par l’auteur du blog :

Revue “Art et Thérapie”-Terre-n°66/67, Juin 1999  De l’ensevelissement du modèle… Interview de Gérard Bignolais

Revue “Art et Thérapie”n°72/73, Déc.2000 La jeune fille mutique et le corps enclos

Revue “Art et Thérapie”n°82/83-Sept.2003, La présence à l’œuvre, l’œuvre en présence

Revue “Art et Thérapie”n°90/91-Mai 2005, Art thérapie plastique et psychothérapie avec Virginie Granboulan

Revue “Art et Thérapie”n°92/93-Déc. 2005, Il y a un bug entre ma mère et moi avec Virginie Granboulan

Revue “Art et Thérapie”n°98/99-Fév. 2008, Corps de sensations – la verticalité

Revue L’erre”-n°25-Mars 2008,  L’art comme thérapie ? Un art de l’accompagnement

Revue “Art et Thérapie” n°106/107-Mars 2011, De l’informe à la non-forme

Revue “Art et thérapie”n°110/111-Mai 2012, La rencontre avec l’œuvre- la rencontre à l’œuvre

10 Revue de la FFAT 2014, La matière

11 Revue “Synodies”, Septembre 2016, Matières et sentiment d’existence

12 Revue de la FFAT 2017, Le langage en art thérapie avec Edith Viarmé

13 Revue « Traversées » – Journées d’automne, Novembre 2018,  Du geste au « faire monde » – Colloque de la SFPT-AT à Paris

14Revue “Traversées” – Journées d’automne, Décembre 2019,  De l’irreprésentable – Colloque de la SFPT-AT à Paris

15Revue “Hexen” – Eté 2020, La pudeur

16Revue “Art et Thérapie” n° 126 /127, Décembre 2020, A la rencontre d’un tableau avec Marie-Jeanne Balligand

17 Revue “Art et Thérapie” La représentation à l’épreuve de l’irreprésentable– à paraître en 2021

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L’ art-thérapie de Jean-Pierre Klein Edition PUF 2001 dans la collection Que sais-je
Revue Art & Thérapie
A visiter:
voir site personnel artistique
site de l’INECAT et Inecat Art-Thérapie

Papier cristal, papier de soie

Une de mes patientes, dépressive, est venue un jour avec  l’envie de travailler avec du papier : papier cristal, papier de soie etc. Elle les a déchirés en petits morceaux puis collés entre eux ; le papier déjà si fin se fragilisait encore plus, imbibé par la colle. En les manipulant, elle découvre des gestes infiniment délicats pour les passer d’une main à l’autre et baigne dans la transparence fragile du papier, cette douceur peau à peau ; Elle découvre des gestes très simples qui se révèlent pour elle comme  profondément nécessaires pour que s’invente la rencontre la plus accordée possible entre cette matière et son corps, un » recto-verso » chair et matière. Se déroule un voyage silencieux, neigeux, vibrant d’émotions.

« J’ai vraiment l’impression que ça commence » dit-elle à la fin de cette séance.

Quelque chose vient à travers la matière qui l’émeut parce qu’elle sent que cela s’adresse à elle. Quelque chose, jusque là, donnait la sensation d’avoir été délaissée. Tout s’accorde, un instant… Dans ces moments de grâce, quelque chose ‘commence’ qui est ressenti comme le serait un mythe fondateur, un nouveau fondement ; le sentiment d’exister « pour de vrai » peut faire alors irruption avec beaucoup d’émotion. 

Cette expérience n’est ni une mise en miroir de soi vers soi, ni une fusion, ni une recherche d’union mystique avec le monde mais un entre-deux en mouvement entre soi et le monde. C’est, en fait, une pleine participation au monde qui requestionne profondément ce pont de vibrations harmoniques entre expérience intime et rencontre avec le dehors. Cette expérience offre à la personne les premiers éléments d’une nouvelle trame à partir de laquelle pourra se recomposer peu à peu une autre façon d’exister. 

Entretien

Quels sont les bienfaits de la peinture sur vous-même? Est-ce que vous l’avez toujours pratiqué dans un but therapeutique?

La dimension artistique et poétique m’aide tout simplement à vivre, me fait recontacter une relation enchantée au monde sans ignorer son extrème violence. Etre pleinement vivante en étant funambule au-dessus de ce sans fond du monde, seul l’art rend cette tension possible.

Comment est-ce que vous vous y prenez pour aider une personne à aller mieux? Quels sont vos outils de travail?

L’attention bienveillante à la personne comme dans toute thérapie, avec une attention particulière au vivre avec la matière et les formes, aux répercussions corporelles et sensibles, à la qualité d’engagement et de présence dans le vécu de création .

Quelle est la valeur artistique de ce qui est créé en art-thérapie?

A priori, le plus important est le cheminement, ce que la personne vit pendant qu’elle met à l’oeuvre sa dimension poétique. La personne, en art thérapie, va vers un mieux-être quand elle se découvre poète de son propre monde.

Le résultat peut quelquefois être perçu comme ayant une valeur artistique par la personne elle-même mais, le plus important, c’est sa valeur existentielle.

Est-il plus aisé de pratiquer avec des enfants ou des adultes? Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Il y a un ajustement continuel à chercher avec la personne accompagnée qu’elle soit enfant ou adulte pour favoriser ses capacités d’auto-résolution à travers les processus créatifs et sa rencontre avec la matière.

qu’est-ce que penser en art therapie ?

Dès qu’il s’agit de penser ce qui se vit en atelier, beaucoup se sentent démunis ou ne savent pas comment faire.  

Certains arts thérapeutes s’appuient une bonne fois pour toutes sur les bases théoriques de l’art thérapie apprises lors de leur formation mais le risque est que ce savoir reste formel et statique face à une expérience par principe mouvante et singulière. D’autres se perdent dans une recherche théorique labyrinthique qui s’appuie sur des modes de pensée disparates ou censés légitimer leur recherche mais qui gomme l’originalité de cette pratique et peut devenir rapidement très abstraite.

Il y a d’autant plus une réflexion à avoir autour de la question de la théorie en art thérapie, que l’art thérapie fait partie d’une profession émergente et qu’il y a à inventer et encourager la recherche d’une pensée qui préserve sa singularité en nous distinguant des autres théories thérapeutiques.

Il y a bien sûr des écrits qui ont déjà témoigné de cette recherche et, notamment les concepts de Jean Pierre Klein et je conseille vivement la lecture de son livre « Penser l’art thérapie ».  

Mais se pose plus largement le statut de la pensée dans une approche qui est fondamentalement expérientielle : Pour être dans une pensée vivante qui me semble, à mon sens, la seule éthiquement possible, il est nécessaire de continuellement se requestionner. 

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J’ai une sorte de petit credo que je vous livre. A vous de voir si cela vous parle :

1-Les concepts quels qu’ils soient ne sont pas des vérités absolues et des preuves qui légitimeraient la pratique mais sont continuellement à mettre à l’épreuve de sa pratique d’art thérapeute et de créateur.

2-La théorie ne donne pas accès à l’expérience mais a le rôle de l’éclairer.

3-La théorie n’est pas une finalité mais encourage à approfondir, affiner, enrichir encore plus l’expérience.

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Il y a les connaissances de surplomb comme la psychopathologie, l’histoire et critique d’art, les théories liées au monde de la thérapie avec une recherche qui cherche idéalement à faire système, qui permet de confirmer, comparer, évaluer, argumenter, donner des repères, inventer des concepts. 

Cela va permettre de voir comment on s’en distingue, savoir ce qui est commun ou étranger mais il ne faut pas se restreindre à ces connaissances qui servent à modéliser, à généraliser.  On ne peut se satisfaire de la seule logique de la nosographie psychiatrique ni des concepts psychanalytiques ou des concepts plus larges concernant l’accompagnement.

Il y a à chercher un corpus de connaissances qui donne à l’expérience et au vécu toute sa place, des connaissances en direct qui mettent au travail la pensée : sa pratique artistique et art thérapeutique et celles des autres, la rencontre des œuvres, les écrits des artistes et des poètes, les philosophes de l’expérience vécue (phénoménologie et existentielle), les grands courants dits spirituels qui ont une connaissance millénaire de la pratique intérieure, certaines pratiques corporelles et son propre travail de thérapie et de supervision.

Le premier mode de connaissance est un cheminement différé, par nature textuel alors que dans les connaissances en direct, est toujours présent, d’une façon ou d’une autre, la voix d’un être humain qui s’adresse à un autre être humain. Ces connaissances ont à retrouver leur pleine légitimité dans une pensée de l’art thérapie.

Un monde où trouver place

Ce monsieur que je reçois depuis des années, souffrant d’une maladie psychique stabilisée, ne s’était senti accepté jusque là que par le milieu médical qui avait su identifier ses troubles.

Il découvre maintenant un sentiment de fraternité avec les artistes dont on est amené à parler au cours de ses séances. Il dit trouver des frères chez les artistes et les poètes et a l’impression de rencontrer un monde où il peut enfin trouver sa place.