Le processus

Processus d’usinage comme processus de création vu par un jeune garçon de 13 ans: de l’objet de départ et de ses transformations successives ( refroidissement, fragmentation, dissolution etc.) jusqu’à l’objet mystérieux sur la table de finition…

La couleur

Cette jeune fille apathique couvrait ses feuilles, à chaque séance, avec une seule couleur en inscrivant au-dessus en anglais, le nom de la couleur employée. Elle n’en disait rien et restait murée dans le silence. Elle semblait peindre sans plaisir et sans intention, on la sentait perdue dans une activité solitaire ;  pourtant, l’utilisation de l’anglais signifiait que la peinture avait besoin d’être traduite. Il y avait ainsi l’expression d’une énigme dont elle ne saisissait ni l’enjeu ni la teneur mais qui demandait une réponse. 

Je lui ai fait ressentir qu’en tant que peintre, je voyais ces couleurs comme des évènements importants ayant une véritable portée émotionnelle (alors que la thérapeute qui m’accompagnait dans l’atelier, n’y voyait que des manifestations régressives). Ces grands espaces de couleurs étaient des évènements à part entière et je lui montrais alors que ses tentatives s’inscrivaient dans les recherches de certains peintres. Je mis à sa disposition des reproductions de peintures de Rothko, Klein, Newman et de peintres monochromes qu’elle regarda longuement.  Quand elle a vu l’importance que je  portais à ses peintures, elles se dévoilèrent pour la jeune fille comme un langage, elle put voir ce qu’elle faisait comme la création d’un vocabulaire personnel mais compréhensible, en même temps nommant un monde intime de sensations colorées et la reliant aux autres, à une histoire ayant un sens dans le monde de l’art. Elle n’était plus seule.

À partir de ces séances, son regard changea, devint moins opaque ; elle se mit à sourire et, peu à peu, la parole est venue.

Adolescence et création

Exemple d’une prise en charge d’un adolescent suivi en thérapie classique et en art-thérapie au Centre Médico-Psychologique de Créteil.

De grandes difficultés scolaires et une inhibition massive avaient amené sa mère à consulter en CMP.  Cet adolescent fut donc suivi par une thérapeute qui le recevait avec sa mère et est venu parallèlement à l’atelier d’art thérapie pendant 1 an.

La mère de cet adolescent sollicite initialement de l’aide pour un problème d’orientation.  Son fils a des résultats scolaires catastrophiques et doit être orienté vers une classe pour déficients. Il est silencieux et paraît indifférent à tout cela. A l’âge de 6 ans il avait perdu son père. Depuis, il s’était enfermé dans un silence et une passivité obstinés. Plusieurs tentatives de prise en charge psychologique ont eu lieu, et il y a toujours opposé le refus, et son silence.

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Art-thérapie : une rencontre de soi en création